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CONGRÈS DU PARTI LIBÉRAL
BRUXELLES, 27-28 octobre 1956



RÉSOLUTION SUR LES PROBLÈMES DE POLITIQUE INTERNATIONALE


LE CONGRÈS DU PARTI LIBÉRAL

Considérant que seule l'union entre les nations peut préserver le monde tant du danger de la guerre que de perturbations économiques et sociales graves,

AFFIRME qu'il est urgent de créer des espaces toujours plus vastes ouverts à la libre circulation des hommes, des idées, des marchandises et des capitaux, afin d'élever partout le standard général de vie et de garantir à tous les hommes la liberté dans la sécurité; qu'une première étape doit être recherchée dans la constitution d'un marché commun européen, au sein duquel l'initiative privée pourra librement développer sa force créatrice, ainsi que dans la réalisation de l'Euratom qui permettra à la solidarité de fait existant dans le domaine de l'énergie de trouver une forme positive;

ESTIME que la délégation progressive et volontaire par les Etats d'une partie de leurs pouvoirs à des organismes internationaux ou supra-nationaux, afin qu'ils soient exercés dans l'intérêt général est une conception libérale, mais il convient qu'elle ne puisse donner lieu à des tentatives de dirigisme international;

PROCLAME le droit de tous les peuples à l'indépendance et à la liberté sans que les intérêts stratégiques des grandes puissances puissent y faire obstacle;

CONSIDÈRE que pareille politique est la condition d'un désarmement général et contrôlé, seule voie du salut pour l'humanité;

ESTIME que les rapports avec les pays neufs devraient être établis sur des principes d'égalité et de solidarité, les nations techniquement évoluées ayant pour devoir d'apporter à ces pays leur concours et leur aide afin d'assurer le maintien des liens économiques et intellectuels indispensables aux uns et aux autres de ces peuples;

INSISTE à cet égard pour que l'Europe soit unie pour qu'augmentent à la fois son rayonnement et ses possibilités d'investissements et de concours technique;

ADRESSE un appel aux libéraux de tous les pays pour qu'ils assument l'entière responsabilité d'une politique résolument européenne et de coopération générale dans le respect des traités internationaux et des droits de l'individu.



RÉSOLUTION SUR LES PROBLÈMES ÉCONOMIQUES


LE CONGRÈS DU PARTI LIBÉRAL

CONSIDÈRE que l'expérience justifie la confiance qu'il accorde aux vertus de l'initiative privée de la libre entreprise, de la concurrence, du libre choix du consommateur, de la spontanéité de la vie économique;

RAPPELLE l'échec du collectivisme centralisateur, par exemple en Europe Orientale, dans sa tâche d'organiser l'économie et son incapacité d'assurer un standard de vie décent à ses populations et en particulier à sa classe ouvrière, condamnées au rationnement et à la misère;

AFFIRME que l'Etat ne doit ni produire ni vendre, et ne peut être ni son propre contrôleur ni son propre client;

REPOUSSE toute forme de nationalisation qui, mettant entre les mains des pouvoirs publics d'immenses moyens de production, créerait une inutile bureaucratie, soumettrait l'économie à la politique, briserait l'esprit de concurrence, livrerait le consommateur et la petite entreprise à l'arbitraire du pouvoir, asservirait le travailleur et la nation à une dictature paperassière;

CONSIDÈRE que le rôle de l'Etat est:
- d'être le gardien de l'équité économique et sociale;
- de défendre le faible contre le fort, les classes moyennes et le consommateur contre les abus éventuels de la puissance économique;
- d'assurer la sécurité du travailleur;
- de lutter contre l'inflation;
- de protéger l'épargnant;
- de stimuler l'activité industrielle et commerciale, et d'assurer la rentabilité de l'agriculture en période de dépression;
- d'encourager la recherche scientifique et l'accroissement de la productivité;

SOULIGNE que, profondément attachés au régime de libre concurrence, les libéraux sont fondamentalement opposés aux abus de puissance économique et réclament de l'Etat qu'il stimule la compétition en soumettant les grandes entreprises à la concurrence d'affaires moyennes et petites, qui doivent être dotées de larges facilités d'accès au crédit et assurées de la justice fiscale;

RECOMMANDE de poursuivre énergiquement l'intégration européenne et la réalisation du marché commun;

SOUHAITE que l'Etat, en vue de pouvoir faire face à une dépression économique, soit en mesure de développer à tout moment un vaste programme de dégrèvements fiscaux, d'assouplissement du crédit et de développement des travaux publics;

RAPPELLE que l'épargne constitue l'un des remparts de l'indépendance individuelle et de la liberté, et qu'en vue de la préserver, il convient de maintenir le pouvoir d'achat de la monnaie, en veillant à l'équilibre nécessaire entre les rémunérations et l'accroissement réel de la productivité.

ATTIRE l'attention sur la nécessité pour l'Etat de stimuler la recherche scientifique et la formation professionnelle, de favoriser les investissements et la rationalisation des entreprises, de promouvoir l'éclosion d'initiatives nouvelles, d'accélérer les études en vue de l'accroissement de la productivité dans l'industrie, l'agriculture, la distribution et les administrations publiques.

AFFIRME que, pour assurer son rôle d'arbitre, l'Etat doit laisser aux entreprises privées le soin de la gestion industrielle, agricole et commerciale, et qu'il doit préserver une spontanéité et une liberté économique auxquelles est dûe la remarquable expansion de notre monde occidental.



RÉSOLUTION SUR LES PROBLÈMES DU CONGO BELGE


LE CONGRÈS DU PARTI LIBÉRAL,

- REND hommage aux efforts déployé par la Belgique en Afrique et considère qu'il y a lieu de les poursuivre sans relâche dans l'intérêt commun des Congolais et des Belges;

- CONDAMNE les nouvelles tendancieuses qui compromettent l'œuvre accomplie et le développement futur de la Colonie;

- ESTIME que c'est dans un esprit libéral et dans un climat de responsabilité qu'il faut encourager l'expansion économique et favoriser l'évolution des autochtones;

- RÉSUME comme suit les lignes directrices de la politique qu'il entend défendre au Congo:


A. PRINCIPES GÉNÉRAUX

1/ Le Congo est redevable à la Belgique de sa paix intérieure, de son évolution et de son expansion. Les droits souverains de la Belgique s'exercent afin que se développe entre tous les congolais, Blancs et Noirs sans discrimination, une solidarité active inspirée par le bien commun et qui s'exprime dans la communauté belge-congolaise.

2/ Il y a lieu de condamner sévèrement ceux qui, dans un esprit partisan, ont transporté et transportent au Congo les querelles politiques de la Métropole et défigurent ainsi le caractère national de l'oeuvre de la Belgique.

3/ Le Congo présente ne très grande diversité de situations dans tons les domaines. L'évolution, pour rapide qu'elle soit, n'atteindra l'ensemble de la population que grâce à un effort continu. Il ne faut pas échafauder des plans théoriques à longue échéance ni appliquer au Congo des systèmes européens préfabriqués. L'harmonisation entre les traditions locales et les besoins modernes est préférable à une intégration artificielle.

4/ La prospérité matérielle doit être le moyen de réaliser le progrès général, humain, social, intellectuel et culturel.

5/ L'émancipation personnelle des autochtones est le but à poursuivre. Elle sera l'œuvre non seulement des autorités, mais aussi de tous les Européens et des intéressés eux-mêmes qui doivent prendre conscience de leurs responsabilités en même temps que de leurs droits.


B. PROBLÈMES D'ADMINISTRATION GÉNÉRALE

1/ La séparation des pouvoirs doit être instaurée au Congo.

2/ La décentralisation dans tous les domaines administratifs est une nécessité urgente. Elle doit s'appliquer immédiatement aux provinces pour s'étendre progressivement aux districts et aux territoires.

3/ Le fonctionnement du pouvoir législatif doit être revu pour répondre à l'évolution. Les libéraux estiment que les indépendants doivent être représentés dans tous les conseils et organismes qui les concernent.

4/ L'association de plus en plus étroite des habitants du Congo à son administration et à son économie doit être réalisée. Il faut favoriser dans la limite de son mérite réel l'ascension de l'autochtone dans la hiérarchie administrative, économique et sociale.

5/ Pour donner aux représentants des groupements indigènes la conscience de leurs responsabilités, il faut les initier d'abord aux problèmes locaux, afin qu'ils puissent ultérieurement remplir efficacement des mandats au sein d'assemblées délibérantes.

6/ Les services métropolitains doivent disposer d'un encadrement de personnel qualifié.

7/ L'interpénétration des cadres administratifs, métropolitains et africains doit être activée pour faciliter notamment la réintégration dans leur cadre d'origine des membres du personnel enseignant communal.


C. RELATIONS HUMAINES

1. Formation de l'élite:
a) Il se forme une élite noire. Il importe de la développer. Sa qualité seule permettra réellement l'accession progressive des populations à un mode de vie meilleure.
Dans l'état actuel, l'immatriculation est le stade civil d'une assimilation complète, impliquant notamment la suppression pour le titulaire de toute impression d'infériorité: accès dans les bureaux, circulation, séjour dans les hôpitaux, arrestations, préventives, etc…
L'octroi de l'immatriculation doit intervenir selon des critères préalablement déterminés et adaptés à la personnalité de l'autochtone.

b) L'acquisition de droits civils, préalable à celle de droits politiques, est un facteur d'émancipation. La législation qui les accordera (réforme des droits de la famille, de la propriété personnelle, de la transmission successorale) devra être adaptée à la mentalité bantoue.

2. Problèmes de l'enseignement:
a) L'enseignement à tous les degrés, y compris les cours pour adultes, doit être développé. Il faut accorder une attention suffisante aux langues indigènes.

b) Un enseignement technique divers et étendu s'impose impérativement.

c) Le développement de l'enseignement officiel pour Blancs et Noirs est une tâche essentielle. Les diverses missions établies au Congo ont déployé dans le passé des efforts méritoires et le maintien des subventions demeure une nécessité incontestée.

d) Le développement d'écoles et d'instituts de formation sociale doit être encouragé.

e) La qualité de l'enseignement au Congo doit tendre à être équivalente à celle de la Belgique; dans ce but, le contrôle de la qualité de l'enseignement subsidié doit être efficace.

f) Le droit de fréquentation des écoles officielles et des écoles subventionnées doit devenir le même pour les Noirs et pour les Blancs.

g) La rôle de l'école n'est pas seulement de dispenser l'instruction, mais également l'éducation civique et morale des enfants.

h) L'organisation en Belgique d'internats officiels pour enfants de coloniaux est souhaitable.

3. La femme indigène:
La formation de la ferme indigène et son éducation est une tâche essentielle. Il convient de multiplier les écoles pour filles, les écoles ménagères, d'infirmières, les foyers sociaux, et de faire comprendre aux femmes leur rôle familial.

Dans les centres extra-coutumiers, l'utilisation de la main d'œuvre féminine est à recommander.

4. Questions culturelles:
a) L'art et l'artisanat indigènes sont à encourager, car ils sont l'expression de valeurs esthétiques et spirituelles.

b) La multiplication de centres culturels doit être favorisée. L'accès de chacun à la culture est une des revendications majeures du libéralisme.

5. Régime du travail:
a) La dignité du travailleur doit toujours être respectée. Il faut que son salaire soit suffisant pour qu'il puisse vivre décemment avec sa famille et s'élever socialement. Mais il faut en revanche que le travailleur indigène. Mais il faut en revanche que le travailleur indigène soit pénétré de la nécessité d’améliorer la qualité de son travail ainsi que sa productivité. La création de nouvelles écoles techniques y contribuera.

b) L'accession des Noirs à des fonctions dirigeantes impliquera l'adaptation de leur rémunération, fondée sur leurs prestations et leur rendement.

c) L'absence de discrimination raciale doit avoir pour conséquence la possibilité réelle de défendre leurs intérêts professionnels.

d) Les associations professionnelles de travailleurs indépendants doivent se développer en dehors de tout objectif politique.

6. Sécurité sociale, habitat indigène et santé publique:
a) Un régime de sécurité sociale s'est développé, qui répond à la notion libérale de solidarité. Les efforts devront être poursuivis pour sa généralisation et la garantie contre les risques de l'existence.

b) Le problème de l'habitat indigène doit être résolu, car de bonnes conditions de logement sont un facteur évident d'émancipation et de progrès. Le libre-choix de l'autochtone doit être favorisé.

c) La lutte contre la maladie a été menée dans des conditions dignes d'éloges. Les efforts ne peuvent se ralentir, ils doivent être coordonnés, l'assistance médicale, la création de nouveaux hôpitaux, le contrôle de l'hygiène restant un devoir impérieux.

7. Situation des mulâtres:
La situation de tous les mulâtres doit être réglée dans un sens humain. Il faut adapter aux circonstances les dispositions du Code Civil relatives à la recherche de la paternité de manière à obliger le père à participer aux frais d'entretien et d'éducation de ses enfants mulâtres, même adultérins.


D. SYSTÈME ÉCONOMIQUE

1. – Régime foncier:
a) L'accès à la propriété foncière est un élément majeur de l'émancipation des Noirs. Il faut appliquer plus libéralement les conditions mises à son acquisition.

b) Il faut éviter certaines discriminations actuelles en matière de concessions de terres selon qu'il s'agit de sociétés, de missions religieuses, de colons ou d'autochtones.

2. – Agriculture:
L'agriculture, en milieu indigène, doit notamment s'efforcer d'atteindre les résultats suivants: assurer le ravitaillement équilibré et suffisant des populations; procurer des ressources croissantes aux agriculteurs par la production de vivres et de produits d'exportation; stabiliser les agriculteurs et créer des centres économiques nouveaux afin de combattre l'exode vers les centres urbains ; permettre la formation d'une classe moyenne agricole; conserver la fertilité des sols; améliorer les méthodes de culture et accroître les rendements.

Dans ce but, il convient de:

a) encourager l'autochtone qui veut cultiver individuellement la terre, en mettant comme condition sa mise en valeur, la productivité étant une nécessité.

b) favoriser le métayage qui rend l'agriculteur sédentaire et lui donne le sens de ses responsabilités.

c) coordonner l'agriculture et les paysannats indigènes avec le colonat blanc, installer des fermes ou des plantations européennes pour développer l'agriculture dans toutes les régions.

d) éviter l'intervention étatique, notamment en ce qui concerne les paysannats.

e) veiller à une meilleure organisation de la distribution.

f) améliorer le régime alimentaire qui doit être un souci constant; il faut dès lors augmenter la production, la distribution et les réserves vivrières. Pour ce faire, il est souhaitable que soit instauré un service ou un organisme de productions vivrières.
L'agriculture intensive doit remplacer l'agriculture extensive tout en maintenant la fertilité des sols.
On préconise: classe moyenne agricole. Paysannats sous forme de sociétés coopératives mixtes et suppression progressive de l'intervention étatique.


E. POLITIQUE ÉCONOMIQUE

a) Les libéraux considèrent que la communauté belgo-congolaise sera renforcée par le développement croissant des échanges commerciaux entre l'Afrique belge et la Métropole et par l'augmentation des investissements belges au Congo.

La liberté de l'entreprise, l'initiative privée, la concurrence doivent être garanties. Le rôle de l'Etat est de contrôler, non d'assumer la fonction économique.

b) Ils estiment qu'il n'est pas dans les attributions de l'administration de se transformer en entrepreneurs de travaux publics ni d'ouvrir des magasins généraux centralisés à Léopoldville.

c) Il n'y a plus lieu d'accorder de privilèges ni de monopoles d'exploitation. Il convient de s'opposer vigoureusement à toute nationalisation de certains secteurs de l'économie.

d) L'Etat doit veiller à la libre circulation des capitaux et à la sécurité des investissements; rien n'empêche d'accepter des capitaux étrangers à la condition qu'ils soient investis sans arrière-pensée politique.

e) L'intérêt général commande que des mesures soient prises pour lutter contre la vie chère. L'index unique est à remplacer par des index établis sur base des prix pratiqués dans les différentes régions.

f) La décentralisation économique, et plus particulièrement industrielle, doit être poursuivie inlassablement. Elle sera puissamment aidée par l'utilisation de nouvelles sources d'énergie, dont l'inventaire doit être établi. La production d'énergie (centrales thermique, hydraulique ou nucléaire), destinée à l'économie générale, se fera sous le contrôle des pouvoirs publics.

g) La distribution de l'énergie doit se faire selon des règles et conditions générales en appliquant des tarifs qui ne doivent jamais être une charge empêchant ou freinant le développement de l'économie. La gestion des sociétés productrices et distributrices par monopoles sera assurée par des Conseils responsables comprenant des représentants de la Colonie, du capital privé investi et des consommateurs.

h) Le secteur privé doit être encouragé à produire et à distribuer l'énergie avec ses capitaux, tant pour ses besoins que dans un but commercial. Il en est de même pour les transports.

i) L'épargne doit être suscitée et favorisée au maximum. La politique des crédits doit être saine et limitée aux besoins, basée sur des garanties certaines. Le crédit pourra être consenti à tout indigène ayant la qualité de commerçant.

j) Le commerce indigène doit être encouragé; la preuve de la qualité de commerçant doit résulter de l'inscription au registre du commerce, inscription qui doit être subordonnée à des critères de compétence, de capacité économique et de moralité.

Le Parti Libéral attache une importance particulière à la promotion des classes moyennes africaines, élément important de stabilité sociale. Il les soutiendra contre toute tentative de prolétarisation qui ne pourrait que freiner son effort d'ascension sociale et économique.

Les réformes étant liées aux possibilités financières, lesquelles sont fonction du revenu national et de la production des biens, le Parti Libéral déclare que pour atteindre l'objectif de progrès social, l'accroissement de la productivité est indispensable. Il est la condition première de la hausse effective des salaires et du développement des lois sociales. Le but final d'émancipation ne serait pas atteint si après l'enseignement, dispensé selon les normes européennes, les autochtones ne comprenaient pas qu'ils doivent travailler et produire selon les mêmes normes.


F. IMMIGRATION ET COLONAT

a) L'immigration belge au Congo est une nécessité, à condition qu'on maintienne une sélection qualitative.

b) La législation sur le contrat d'emploi doit être revisée, sans porter atteinte aux droits acquis. L'obligation de prendre un congé hors du Congo ne peut être imposée.

c) La mise en valeur des ressources naturelles du Congo est due aux sociétés et au colonat blanc. Ce dernier constitue un élément essentiel de l'œuvre africaine.

d) Il convient que le colon blanc et l'agriculteur noir puissent acquérir le sol qu'ils mettent en valeur.

e) Le colonat industriel, artisanal, commercial, hôtelier et d'encadrement doit être développé.


G. ROUTES ET TRANSPORTS

Le développement routier et la sécurité des transports sont des tâches qui s'imposent immédiatement à l'Etat; il faut assurer la liaison entre toutes les régions du Congo par la voie la plus économique et mettre en service un matériel suffisant; l'administration doit fixer les tarifs pour permettre le développement de l’économie, sans discriminations ni privilèges.


H. CONCLUSION

Le Congrès du Parti Libéral adresse un appel au bon sens de tous ceux qui participent à l'action africaine pour qu'ils contribuent à l'évolution avec une fermeté à la fois résolue et prudente, dans un esprit de tolérance et de solidarité nationale.



RÉSOLUTION SUR LES PROBLÈMES SOCIAUX


LE CONGRÈS DU PARTI LIBÉRAL, estimant que:

La liberté doit être recherchée dans la sécurité;

considérant:

1) qu'il est fondamental d'assurer aux hommes le droit au travail, la liberté d'organisation syndicale et la sécurité notamment dans la vieillesse, la maladie et l'invalidité;

2) que l'économique n'est pas une fin en soi mais le moteur le plus puissant du progrès social;

- DEFINIT sa position comme suit:

SYNDICATS
L'organisation des travailleurs en syndicats est un facteur essentiel du progrès social à la condition expresse que le droit des minorités soit respecté. La protection de la liberté d'association doit être renforcée. L'organisation nationale des syndicats libéraux doit être mise sur un pied d'égalité absolue avec les deux autres organisations représentatives des travailleurs tant dans le secteur public que dans le secteur privé, afin qu'elle puisse remplir normalement sa mission sociale. Le Congrès du Parti Libéral estime nécessaire l'établissement d'un statut organisant la personnalité juridique des organisations syndicales.

SÉCURITÉ SOCIALE
1) En matière de sécurité sociale, il faut
- sur un plan général, maintenir son fondement sur la notion d'assurance,
- maintenir le principe du pluralisme des organismes dans tous les secteurs de la Sécurité Sociale,
- rechercher l'équilibre financier de la gestion, en conformité avec les possibilités économiques de la nation,
- modifier la procédure de recouvrement de l'O.N.S.S. et limiter ses privilèges.

ASSURANCE MALADIE INVALIDITÉ
- proclamer le caractère libéral, indépendant et social de la profession médicale,
- limiter les interventions dans les petits risques, améliorer l'indemnisation des risques importants,
- nécessité absolue d'occuper les invalides réadaptés, tant dans le secteur public que dans le secteur privé.

TRAVAILLEURS AGÉS
- Rechercher les mesures nécessaires pour combattre le chômage des travailleurs salariés et appointés âgés, et pour faire supporter les conséquences salariales de l'âge par la communauté des employeurs.

PENSIONS
1) La pension doit atteindre les ¾ du salaire ou du traitement moyen d'une carrière de 45 ans. Le montant du plafond actuellement en vigueur pour les employés doit être revu.

2) La péréquation automatique des pensions doit être instituée par le recours partiel au système de la répartition.

3) Le travail des pensionnés du secteur privé doit être autorisé au même titre et dans les mêmes limites que ceux qui sont applicables dans le secteur public.

SALAIRES
Les travailleurs doivent bénéficier d'une quote-part équitable dans les fruits de l'accroissement de la productivité sans discrimination à raison, notamment, de leur appartenance ou non-appartenance à un syndicat déterminé.

TRAVAILLEURS FÉMININS
1) Toutes les carrières et tous les grades dans les différentes professions doivent être accessibles aux femmes.

2) Il faut appliquer aux travailleurs des deux sexes le principe: A travail égal salaire égal.

TRAVAILLEURS INDÉPENDANTS
1) L'organisation professionnelle doit être favorisée et développée.

2) La Sécurité Sociale des travailleurs indépendants doit être organisée soit par l'encouragement des mesures individuelles soit par l'adoption de mesures d'ensemble. L'Etat doit répartir de façon équitable son intervention financière affectée à des besoins sociaux entre les travailleurs salariés et les travailleurs indépendants.

3) Le petit commerce doit être encouragé à jouer efficacement son rôle dans la vie économique du pays. Il doit être aidé par la formation professionnelle et la libre formation de coopératives d'achat.

4) La reconnaissance du rôle des travailleurs indépendants du point de vue de la prospérité de la Nation et la prise en considération de leurs aspirations légitimes dans les domaines économiques et sociaux sont un des objectifs fondamentaux de l’action libérale.

FAMILLE
1) Egalisation progressive des allocations pour travailleurs salariés et indépendants.

2) Encouragement à l'épargne et spécialement à l'épargne prénuptiale.

3) Politique rationnelle de construction d'habitations à bon marché; intensification de la lutte contre les taudis et promotion d'une politique de crédit à bon marché permettant à un plus grand nombre d'accéder à la propriété foncière.

4) Nécessité d'accorder une aide substantielle aux jeunes ménages.

5) Egalité des droits des époux dans le mariage.



RÉSOLUTION SUR LE PROBLÈME DE LA FORMATION DES CADRES


LE CONGRÈS DU PARTI LIBÉRAL,

considérant que la deuxième révolution industrielle provoquera de grandes modifications tant d'ordre économique que social et qu'il est indispensable pour la Belgique de s'adapter aux nécessités nouvelles,

- ESTIME qu'il est urgent que notre pays ait une politique scientifique de réelle envergure et soit capable de former également les cadres techniques dont il a besoin,

- RECOMMANDE que soient prises les mesures suivantes:

1) Coordonner les efforts actuellement épars dans la recherche scientifique et consacrer à celle-ci des moyens en proportion avec l'importance qu'elle revêt;

2) Etablir un programme national pour résoudre les problèmes posés en matière d'énergie nucléaire, tels que: centralisation pour la formation universitaire des cadres; plan des besoins prévisibles en personnel et matériel; construction de centrales nucléaires pilotes;

3) Préparer d'une manière plus rationnelle et efficiente les étudiants à la recherche dans le domaine des sciences appliquées;

4) Promouvoir l'enseignement technique, tant du jour que du soir et à tous les degrés; l'adapter aux exigences nouvelles, lui donner plus de souplesse, attirer la jeunesse vers ses disciplines. Promouvoir l'enseignement technique supérieur;

5) Prévoir, pour l'ouvrier qualifié qui désire compléter sa formation, le travail à mi-temps conjugué avec ses études spécialisées;

6) Etudier les problèmes posés par l'automation aux points de vue humain, économique et social, afin de préparer l'avenir.



RÉSOLUTION SUR LES PROBLÈMES DE L'ENSEIGNEMENT


LE CONGRÈS DU PARTI LIBÉRAL,

- DÉCLARE que les pouvoirs publics ont pour devoir d'organiser un enseignement accessible à tous et respectueux des convictions de chacun, d'adapter cet enseignement aux besoins modernes et de le doter de locaux spacieux et appropriés.

- CONSIDÈRE que l'école a une mission essentiellement d'éducation et qu'elle ne peut devenir un champ de manœuvre politique.

- ESTIME indispensable la démocratisation des études à tous les niveaux et la prolongation de la scolarité obligatoire dans le cadre d'une réforme générale de l'enseignement.

- DEFINIT comme suit les mesures et réformes qu'il entend défendre:

1) Assurer la liberté complète du père de famille.

2) Veiller au développement culturel général: former l'homme avant de former le spécialiste.

3) Maintenir le niveau des études moyennes et des humanités.

4) Normaliser l'enseignement technique afin, plus spécialement, d'établir une identité dans les exigences et la structure de cet enseignement.

5) Coordonner les enseignements secondaires, supprimer le cloisonnement actuel, instaurer des classes de transition.

6) Développer à tous les degrés l'orientation scolaire et professionnelle.

7) Sélectionner les élites d'après le seul critère de la valeur personnelle; accorder à tous ceux qui en ont la capacité, et non les moyens financiers, la possibilité de poursuivre gratuitement des études, même supérieures; préconiser à cette fin un système d'allocations par la création et le financement d'un fonds autonome des études.

8) Modifier complètement les méthodes de formation du corps enseignant.

- SOUHAITE que la mise en pratique des principes et l'élaboration dans les détails d'un programme de réforme soient confiées au sein du Parti Libéral à une organisation de techniciens.


POLITIQUE INTERNATIONALE


Motion adoptée à l'unanimité:

LE PARTI LIBÉRAL

- ADRESSE l'expression de son entière sympathie à tous ceux qui, en Hongrie et en Pologne, luttent pour la reconquête de leur liberté;

- DÉNONCE l'existence de régimes d'oppression et de misère que condamne sans appel la révolte populaire à laquelle nous assistons aujourd'hui.


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